RIVIERA-CHABLAIS
Mardi 19 avril 2005

MÉDITATION
Pèlerin, ça ne s’improvise pas. La Veveysanne Mahé C. Roussy accompagne des néophytes pour les aider à se refaire une intériorité.


Coacher des pèlerins débutants sur les routes de France et d’Espagne, c’est ce que propose la Veveysanne Mahé C. Roussy.

Paulo Coelho a fait voyager mentalement bon nombre de lecteurs avec son best-seller Le pèlerin de Compostelle. Pour la Veveysanne Mahé C. Roussy, l’ouvrage a fait bien plus: il a changé sa vie à un moment délicat de son existence. Car dès lors, elle en était sûre, elle se lancerait sur la célèbre «Voie du Sud».

Dix ans ont passé depuis ce déclic. Mahé est une femme épanouie qui habite et exerce sa profession de professeur d’anglais à Lausanne. Et elle en a parcouru du chemin sur les routes de France et d’Espagne. 2400 kilomètres à vélo, 4000 à pied pour être précis. «Pour la première fois de ma vie, j’ai enfin goûté au bonheur de vivre.»

Et à une évidence en a succédé une autre: «Lorsque j’ai enfin réussi à faire des choix et à reprendre ma vie en main, j’ai voulu réorienter ma voie professionnelle. Et ce que j'ai compris, c’est que je devais accompagner des gens en pèlerinage, leur proposer de s'arrêter et revenir à l'intérieur d'eux-même, pour mieux redémarrer.»

Depuis deux ans, elle organise donc deux ou trois fois par année des étapes d'une semaine ou deux dans l’Hexagone, en Suisse ou au-delà des Pyrénées. Au programme, temps d'introspection et temps de partage, activités culturelles, rires et chants.

«Je préfère partir avec un nombre restreint de participants, explique Mahé. Avant le départ, je propose une marche pour évaluer la résistance physique des participants, habituellement du quartier des Planches à Montreux jusqu’aux Avants ou de Vevey jusqu'au Mont-Pèlerin. Je ne tiens pas à ce que des personnes abandonnent en cours de route. Ensuite, je leur pose quelques questions, afin de cerner leur profil, évaluer leurs motivations et savoir ce que je peux leur apporter.»


Une fois leur passeport de pèlerin en poche, Mahé C. Roussy et Pascal Parizot sont partis sur la route de Saint-Jacques-de-Compostelle. Une expérience inoubliable qui a réorienté leur vie.

«Et le chemin fait le reste», ajoute Pascal Parizot, comédien et musicien lausannois, qui a participé au premier voyage. «Quand j’ai accepté de partir, je lui disais de ne pas me bassiner avec ses histoires de méditation: je partais pour découvrir une région en marchant. J’ai sollicité Mahé parce que je ne l’aurais jamais fait seul.» Deux ans plus tard, la version a bien changé: le Lausannois a remis ça en solo en ralliant la Suisse à Compostelle en près de trois mois. Avec cette certitude d’avoir trouvé un fil conducteur à sa vie. «Avant, j’avais beaucoup de peine à aller au bout de choses. J’étais dans une logique d’abandon de moi-même. De refus du bonheur. Alors que pendant la marche, je n’ai eu à aucun moment dans l’idée d’abandonner. Comme j’aime à le dire en paraphrasant Neil Armstrong: c’est un petit pas pour l’homme, un grand pas pour mon humanité.»

KARIM DI MATTEO

 


www.compostelle.ch © Mahé C. Roussy